1938

Lettre à J. Frankel (8175), traduite de l'anglais, avec la permission de la Houghton Library.

Source : Léon Trotsky, Œuvres 19, octobre 1938-décembre 1938. Institut Léon Trotsky, Paris 1985, pp. 284-285.

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Trotsky

Léon Trotsky

Œuvres

[Le problème des visas]

23 décembre 1938

Cher Ami,

Il y a longtemps que nous n’avons rien eu de vous.

La dernière fois, c’était sous la forme d’un câble au sujet de la situation dangereuse du camarade (Bruno) Popper [1]. Nous sommes intervenus par un de nos amis, mais je suis loin d’être certain que nous ayons réussi. Après cela, nous avons reçu une lettre collective sur le même sujet de quinze camarades de Prague (Neurath, Kopp [2], etc.) J’ai écrit une lettre personnelle au ministre de l’intérieur, mais je doute beaucoup de son succès.

Les deux visas qui ont été accordés rapidement à Otto et à Julik [3] ont donné en Europe l’impression que nous obtenions très facilement des autorisations pour les exilés. C’est une erreur totale. Je n’ai pu obtenir ces deux visas que parce qu’il s’agissait de mes secrétaires personnels qui devaient remplacer ici deux Américains. Depuis le début, les autorités ont créé un régime spécial en ce qui concerne mes collaborateurs personnels. Mais c’est tout. Toutes les autres demandes sont soumises aux restrictions générales et, je le répète, je ne suis pas du tout optimiste sur la question de Popper ou celle des quinze autres. Je vous prie de communiquer cela à Prague immédiatement, et de les assurer en même temps que nous avons tout fait ce qui était en notre pouvoir pour achever le succès.

Le camarade Goldman m’a écrit que le professeur Merrill Spalding [4] serait ici le 20 et le 21 décembre pour se familiariser avec les documents. Aujourd’hui 23 il ne s’est pas encore présenté. Peut-être va-t-il venir dans les prochains jours. La situation vous semble-t-elle plus favorable que quand vous la présentiez dans votre dernière lettre ?

Vous nous écrivez à propos de Sieva. Nous avons décidé il y a longtemps de l’amener au Mexique, mais décider est une chose et la réaliser matériellement une autre. Nous avons les mêmes difficultés qu’avec les archives, plus les difficultés supplémentaires qui naissent d’un attachement personnel. Nous faisons tout notre possible pour régler cette question, mais ce n’est pas facile.

Êtes-vous en contact avec Partisan Review ? Font-ils tout pour organiser réellement la F.I.A.R.I. ? Il faut absolument que quelques-uns de nos camarades s’intéressent à cette question. The New International devrait publier un article citant le Manifeste et exprimant son propre point de vue. Même le Socialist Appeal pourrait le faire dans une courte note. Cela pourrait faire avancer l’affaire.

Notes

1

Bruno et Popper étaient les pseudonymes de Josef Hindels (né en 1916, ancien des J.S. puis des J.C. en Autriche, cofondateur des communistes révolutionnaires (R.K.), qui s'était réfugié en Tchécoslovaquie en 1934 et avait collaboré à la publication de Der einzige Weg. Il devait finalement obtenir un visa norvégien.

2

Jiři Kopp (né en 1907), fils d’un patron de presse de Tchécoslovaquie avait été l'un des premiers à visiter Trotsky à Prinkipo avec son ami Salus. Il était le « financier » et l’homme à tout faire de la section tchécoslovaque et un fidèle correspondant de Trotsky.

3

Julik était le pseudonyme d’un ouvrier saxon, Wenzel Kozlecki (né en 1906) qui avait été après 1933 l’un des responsables l.K.D. en Tchécoslovaquie, à Reichenberg où il s’était fixé.

4

Merrill T. Spalding avait soutenu en 1933 à Harvard une thèse sur « Quelques Aspects du Travail forcé en U.R.S.S. ». Il était bibliothécaire à Stanford.