(1879‑1925)
Responsable de la brigade terroriste du Parti
Socialiste-Révolutionnaire dans les années 1900. Assistant de Kerensky,
il joue un rôle lors du putsch de Kornilov.
Après la révolution d'Octobre il lutte militairement contre le
régime des soviets.Boris Savinkov est ministre de la Guerre. Figure singulière, très forte, de grand aventurier politique. Militant socialiste-révolutionnaire, écrivain, romancier, quelque peu poète même, terroriste, bon organisateur, Savinkov est l'une des illustrations du mouvement révolutionnaire. A la tête de l'organisation de combat du Parti socialiste-révolutionnaire, il a, pendant des années, dirigé l'action terroriste d'un parti qui compta des Guerchouni, des Kaliaev, des Sazonov, des Balmachev. Il a minutieusement préparé l'exécution du grand-duc Serge Plehve : il a participé lui-même à ces actions. Il s'est penché, dans la rue terrifiée de Pétrograd, sur le cadavre de Plehve, pour constater sa réussite. Dans toutes ces périlleuses entreprises, il s'est trouvé le collaborateur intime de l'agent provocateur Azef, autre chef de l'Organisation de Combat. Ce terroriste intrépide est l'auteur de deux romans : Ce qui n'advint pas, le Cheval blême, 1906. empreints du plus profond désarroi moral, où l'inanité de l'effort révolutionnaire est comme écrite avec du sang. Terroriste professionnel habitué à exécuter des ennemis autant qu'à sacrifier délibérément les meilleurs d'entre ses compagnons de lutte, avec, au fond, cette absence totale de confiance et de foi en la révolution, c'était bien un homme capable de tout, sauf de comprendre un vaste mouvement de masses et d'apprécier avec justesse les forces sociales en présence. Car nul n'est plus éloigné d'être un chef révolutionnaire que le dilettante. Savinkov servit de truchement entre Kornilov et Kérensky. Tous les trois furent d'avis qu'un pouvoir fort — le leur — devait être installé par l'armée. |