René Belin

1898-1977

BelinFils d'un enseignant qui décéda alors qu'il avait 6 ans et d'une mère tuberculeuse, René Belin connut une enfance misérable. En 1912, à quatorze ans, il entra dans l’administration postale à Marseille. Porté sur les études, il fut reçu en 1915 à l'examen réservé aux jeunes facteurs.

De 1917 à 1920, Belin est mobilisé sur le front, puis dans l'Armée d'Orient. Une fois libéré, il revient à Marseille et entame une carrière dans l'administration postale qui le mène à Lyon. Parrallèlement, Belin rejoint le syndicat national des agents des PTT, adhérent à la CGT (réformiste).

En 1925, Belin devient secrétaire de son syndicat départemental, puis régional. Mais en 1928, suite à un conflit interne au syndicat, il abandonne pour un temps l'action syndicale. Or en 1930, Belin prend la tête d'une grève qui se solde par sa révocation de l'Administration. Cet épisode aboutit finalement à la nomination de Belin à la tête du syndicat national (30 000 membres).

Suite à une amnistie, Belin est réintégré aux PTT en 1931, et un an plus tard, L. Jouhaux lui demande d’entrer au secrétariat confédéral de la CGT. Il devient alors et jusqu'à la guerre un des principaux dirigeants de la confédération. En 1935, Belin représente avec Jouhaux la CGT au comité national du Rassemblement populaire. Puis c'est la réunification syndicale qui se réalisa contre son gré.

En 1936, Belin ne montre guère d'enthousiasme pour la satisfaction des revendications et notamment les 40 heures. Le fossé se creuse avec Jouhaux. En tout cas, il s'oppose à la montée de l'influence communiste dans la CGT et lance dans ce but l'hebdomadaire "syndicats".

En novembre 1938 se tient le congrès de Nantes de la CGT, le surlendemain du décret-loi du 12 qui supprimait la semaine de cinq jours et portant à 50 le nombre des heures supplémentaires autorisées de plein droit. R. Belin tenta, avec accord de Jouhaux, une négociation secrète avec le gouvernement qui ne recula pas. Mais la grève qui suivit fut un échec.

Puis ce fut le Pacte germano-soviétique, l’éviction des communistes de la CGT et la guerre. En juillet 1940, le gouvernement de Vichy nomma Belin ministre de la Production industrielle et du Travail. Il sera donc ministre de Pétain jusqu'au 23 février 1941 puis du secrétaire d’État au Travail jusqu’au 18 avril 1942. C'est en particulier durant son ministère que fut promulguée la Charte du Travail pétainiste.

À la Libération, Belin fut révoqué de l’administration postale puis se réfugia en Suisse d’octobre 1947 à janvier 1949. Traduit en justice, il bénéficia d'un non-lieu en janvier 1949 par un arrêt de la Haute Cour de Justice.

Dans l'après-guerre, il tenta de jouer un rôle dans le mouvement syndical sans résultats notables. En août 1959, il se retira à Lorrez-le-Bocage (77) et mourut en 1977.